Témoignage

Un autre monde…

Un autre monde…

(première partie)

Alors que nous étions en famille autour d’un repas je fus pris de violentes douleurs sous la poitrine. Ce n’était pas la première fois, j’en avais parlé à mon gynécologue qui me disait qu’une femme enceinte n’était pas une femme malade mais comme c’était la première fois que j’étais enceinte je pensais qu’il avait raison… Ce jour-là, les douleurs étaient de plus en plus fortes et devenaient insupportables si bien que mon mari a préféré m’emmener aux urgences. 

Une batterie d’examen commence, la tension et l’albumine augmentaient de plus en plus, j’étais en train de faire une toxémie gravidique. On m’installe au soin intensif car ma tension ne baissait plus, je suis sous surveillance et au bout d’une semaine, on remarque que le bébé est en souffrance, je commence à trembler de plus en plus, les médecins s’affolent, la tension continue de monter et à 22h on me fait une césarienne en urgence et on informe mon mari en lui disant que ma vie et celle du bébé sont en danger.  

« Nous allons essayer de sauver votre épouse et votre bébé mais ce n’est pas gagné »


Je mets au monde une petite fille à 6 mois et demi de grossesse, elle passera deux mois dans un service néo natal branché de tous cotés. Petit à petit, je remonte la pente, ma tension baisse. Comment va évoluer mon bébé ? Grande question …sans réponse.

Quand elle rentre à la maison, c’est une petite fille assez difficile, qui pleure beaucoup, les mois passent, elle est de plus en plus belle et évolue lentement mais bien aux yeux des médecins. Elle prend un peu de retard, s’assoit puis brusquement tombe en arrière, refuse de poser les pieds par terre, s’intéresse à tous ce qui brille et vers 18 mois commence à régresser dans certaines acquisitions. Son comportement m’interpelle. Les médecins ne partagent pas le même point de vue que moi.

« C’est normal, elle est prématurée, c’est vous qui stressez »

Depuis quelques mois, je commence à connaitre un peu celui qui sera mon réconfort au quotidien « Dieu » mais c’est le début de ma recherche spirituelle. Je m’accroche, c’est le seul qui va m’aider à traverser les différentes étapes du monde de « l’handicap », même si j’ai mis des années à prononcer ce mot, des années à accepter le regard des autres posé sur ma fille, des années à comprendre les familles normales qui râlaient parce que leur enfant faisait des caprices.

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