Témoignage

Recentrée sur l’essentiel

Recentrée sur l’essentiel

La petite enfance de mon petit loup n’a pas été une sinécure…

Ni pour lui, ni pour nous.

A partir de l’âge de 5 mois, sa courbe de poids s’est cassée. Pendant plusieurs mois, il n’a quasiment pas grossi.

A peine quelques centaines de grammes… à un moment où les bébés ont une croissance exponentielle !

C’est une première otite, qui semble en avoir été le déclencheur . Elle marqua pour nous le début d’un cauchemar éveillé.

Tout ce que mangeait mon petit loup était régurgité, c’était un combat pour chaque cuillère. Souvent, je priais pour que ce qu’il arrive à avaler reste dans son petit estomac. Mais il n’avait pas du tout l’air d’apprécier d’avoir à digérer cette nourriture.

J’ ai allaité mon petit jusqu’à l’âge de dix mois. Il tétait à peine…Quelques fois même pas deux minutes …J’étais vraiment désespérée.

En plus d’être désespérée, j’étais au comble de la fatigue.

La nuit, nous étions continuellement réveillés: plusieurs réveils par nuit, et des hurlements qu’il fallait calmer. La journée, il faisait des micro-siestes, 20 min tout au plus pendant lesquelles il ne fallait absolument aucun bruit environnant. Puis, c’était le réveil tonitruant avec des hurlements parfois pendant 40 min.

Que de fois, je ne l’ai même pas posé et je l’ai laissé dormir dans mes bras tandis que tant bien que mal je tentais de somnoler de mon côté pour récupérer un peu avant que sa sœur ne rentre de l’école…

A partir de cette première otite, il a été malade presque en continu (en tout cas, c’est l’impression que j’en ai aujourd’hui encore après des années). Il a enchainé les otites qui ne guérissaient pas puisque tous les médicaments finissaient régurgités.

Il n’y avait que les suppositoires qu’il tolérait. Heureusement, que pour calmer la douleur et la fièvre, il y avait au moins ça !

Ceci est un bref état des lieux pour que vous ayez une idée de mon état après des mois à ce rythme! Rythme, où la perspective de chaque repas, chaque sieste, chaque nuit devient une angoisse. Où on n’ose même plus s’endormir de peur d’être réveillée, où chaque hurlement fait palpiter notre muscle cardiaque à 1000 pulsations/min.

Toujours sur le qui-vive. A rouler des heures durant sur l’autoroute en mode pilote automatique pour que mon petit loup dorme un peu de manière continue et pour que moi, je ne perde pas pied, que je ne sombre pas dans la folie.

Le manque de sommeil est une véritable torture. Pour n’importe quel être humain.

Puis vint le moment de l’adaptation de mon petit loup à la crèche. Il n’était pas question à ce moment-là que je reprenne le travail vu les circonstances mais je pensais (nous pensions) que c’était une bonne chose que nos enfants fréquentent un peu la collectivité avant d’aller à l’école maternelle. Et j’aspirai également à avoir quelques moments de répit dans ce quotidien infernal, non seulement pour moi, mais aussi pour mon aînée qui depuis quelques mois grandissait toute seule… 

Un jour, un de plus, durant lequel je me sentais exténuée, je croisai la sous-directrice de la crèche. Une très gentille personne, très attentive qui bien entendu n’a pas mis longtemps à cerner l’état dans lequel je me trouvais. Elle m’a prise à l’écart et je me souviens avoir déversé tout mon désespoir, mon impuissance de maman à cette oreille bienveillante et distanciée de ma situation. Je pleurais toutes les larmes de mon corps.

Elle m’écoutait parler de mes difficultés à soigner mon fiston et compatissait. 

Mais à un moment donné, elle m’a dit une chose que je n’oublierai jamais.

« Madame, je vous propose d’arrêter pour un instant de voir votre fils comme une maladie. Actuellement, ce que je vois, c’est que vous vous épuisez à être soignante de votre fils et votre rôle ce n’est pas seulement cela. Votre rôle c’est d’être aussi sa maman. Pourquoi, ne prendriez-vous pas quelques minutes aujourd’hui pour lui lire une histoire ou faire un petit jeu avec lui. A force de le soigner, vous ne pensez plus à faire ces choses toutes simples, mais votre fils en a besoin et vous aussi. » 

C’est ce « vous aussi » qui avait frappé dans le mille.

Elle avait tellement raison ; ses mots étaient si justes !

Il y avait une telle bienveillance dans ces paroles… (Je dois admettre que pendant quelques millisecondes, mon esprit a quand même renâclé à ces paroles : « Mais enfin ! N’a-t-elle pas écouté que je n’en pouvais plus ? Il faut encore que je prenne sur moi ! Que je fasse des efforts ?

Cependant cette magnifique personne me rétablissait dans mon rôle initial que j’avais perdu de vue et me recentrait sur ma tâche en tant que maman et non en tant qu’infirmière de mon fils. Ses intentions étaient bonnes et elle avait su voir le vrai problème au milieu de tout mon discours.

Je suis rentrée chez moi et je me suis installée confortablement avec mon petit loup ; aussitôt dit, aussitôt fait : On a un lu des « Tchoupi ».

Et qu’est ce que c’était bien ! Il avait un an.

17.01.2020

Next article Une bonne nouvelle ?
Previous article Et maintenant …

Articles similaires

1 Comment

Laisser un commentaire